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Aîné, cadet, benjamin : la place dans la fratrie et la créativité

Premier-né « responsable », cadet « rebelle », benjamin « créatif » : les idées reçues sur l’ordre de naissance sont nombreuses. Qu’en dit-on sérieusement, en particulier à l’adolescence, quand la question « qui suis-je ? » se pose avec le plus d’intensité ? C’est l’objet d’un travail universitaire que j’ai mené sur l’ordre de naissance et la créativité chez l’adolescent.

Une place, pas un destin

Naître premier, deuxième ou dernier, ce n’est pas recevoir un caractère tout fait — c’est arriver dans une configuration familiale particulière. L’aîné essuie les plâtres et porte souvent les attentes ; le cadet doit se faire une place dans un territoire déjà occupé ; le benjamin grandit dans une famille qui a déjà une histoire. Chacun compose avec cette donne, à sa manière. La place dans la fratrie n’explique jamais tout : elle est un des fils de l’histoire de chacun.

Créer pour se différencier

L’adolescence est le moment où l’on cherche à se distinguer — de ses parents, mais aussi de ses frères et sœurs. La créativité peut être une voie privilégiée de cette différenciation : investir un domaine que personne n’occupe dans la famille, inventer un style, une musique, une écriture qui soit à soi. Pour un cadet ou un benjamin, créer peut être une manière de sortir de la comparaison ; pour un aîné, de s’autoriser un pas de côté par rapport aux attentes.

Ce que cela éclaire en consultation

Avec les adolescents que je reçois, la question de la place — dans la fratrie, dans la famille, dans le groupe — revient très souvent, parfois derrière des motifs très différents (anxiété scolaire, repli, conflits). Prendre cette question au sérieux, c’est souvent ouvrir un chemin vers ce que l’adolescent cherche à construire de propre.

Cet article vulgarise un travail universitaire sur l’ordre de naissance et la créativité chez l’adolescent. Il ne remplace pas une consultation.